Projet de transparence politique locale : voici un exemple !

Tel qu’il est présenté, le débat sur la transparence politique avec la déclaration de patrimoine des élus est un leurre. Il est déjà acquis que ce petit manège ne rétablira pas la confiance entre citoyens et politiques.

S’agissant des questions d’éthique, nous souhaitons travailler sur d’autres bases au plan local : une gouvernance plus ouverte et transparente, par l’accès aux données publiques et leur publication sur Internet. Il s’agit pour nous de rendre accessibles et intelligibles toutes les informations dont dispose la collectivité pour faciliter le quotidien des Messins et réhabiliter l’action politique : la technologie au service de l’éthique et de la vraie transparence.

Pour cela, il faut d’abord comprendre comment les technologies peuvent ouvrir des perspectives originales et efficaces pour mieux « vivre la ville » et créer du lien.

Mais qu’appelle-t-on données publiques » ? Ce sont toutes les données propriété de la collectivité : cartes, iconographies, mesures, statistiques, résultats, horaires, recettes, dépenses, etc. Elles concernent tous les champs de l’action publique, en somme ce qui fait le lien entre l’individu et la collectivité, l’usager et l’administration, le citoyens et l’élu.

Mieux vivre la ville au quotidien

Une fois rendues publiques sous un format exploitable, ces données peuvent être aisément consultées et traitées par chacun d’entre nous : citoyens, journalistes, entrepreneurs, associations, etc.

On contrôle, on apprend, on comprend, on met en valeur, on facilite la vie des habitants ! Imaginez qu’en un clic, depuis une application sur votre Smartphone, votre tablette,  votre ordinateur ou une borne sous un abribus, il soit possible de  trouver les informations nécessaires dans notre relation à la collectivité et à ceux chargés de la diriger. Cela existe déjà en France et ailleurs dans le monde. Voici quelques applications possibles :

Habitat

  • Déménagement : choisir où vivre en fonction des équipements et des services de proximité (dessertes des transports en commun, commerces, parcs, crèches, écoles, médecin, etc.)
  • Quartier : connaître l’histoire et le présent des quartiers de Metz, partager ses souvenirs, être informé des manifestations, des services, des équipements publics
  • Foyers et résidences : les places disponibles, les contacts, les activités
  • Logement social : suivi du dossier de demande d’attribution
  • Etc.

 

Mobilité

  • Stationnement: trouver une place libre à proximité de son domicile
  • Transport : tracer l’itinéraire à pieds, en Mettis, voiture, bus, vélo en fonction de l’horaire et du niveau de la circulation
  • Trafic : être informé en temps réel ou prévision selon  date et le créneau horaire.
  • Accessibilité : tenir compte de la hauteur des trottoirs pour savoir où circuler avec son fauteuil roulant ou une poussette; être informé des commerces et services accessibles
  • Etc.

 

Bien-être

  • Qualité de l’air : s’informer de la pollution CO2 et allergènes naturels
  • Activités sportives : se rassembler entre joggers (réseau « Sport en Ville »)
  • Biodiversité : découvrir la flore des parcs et espaces naturels selon les saisons
  • Etc.

 

Enfance – Education

  • Crèches : accéder aux menus des déjeuners, interface d’échange direct avec le personnel encadrant
  • Ecole : accéder aux emplois du temps des cours et des activités périscolaires ; connaître le projet pédagogique des écoles municipales, consulter le carnet de notes
  • Soutien scolaire : accès au planning des études dirigées et au programme de soutien
  • Etc.

 

Economie

  • Création d’entreprise : sélectionner une structure d’accompagnement selon ses compétences et ses résultats ; mise en réseau des « jeunes pouces »
  • Implantation : identifier les locaux commerciaux disponibles, les équipements et services utiles à proximité, les contacts administratifs
  • Construction : localiser les réserves foncières, afficher le plan local d’urbanisme, les services administratifs, échanger avec d’autres entreprises du quartier
  • Fiscalité: simuler ses impôts locaux (taxe foncière, taxe d’habitation, CFE, etc.)
  • Etc.

 

Santé – Solidarité

  • Urgence : signaler une urgence sociale ou médicale
  • Services de garde : géolocalisation du professionnel (pharmaciens, dentistes, médecins) avec indication de l’itinéraire à suivre avec les travaux cela peut servir (attention aux mises à jour)…
  • Etc.

 

Travaux – Entretien

  • Signalement: signaler un problème sur la voirie (encombrement, nid de poule, etc.) ou une dégradation sur un bâtiment ; suivre l’avancée des réparations
  • Travaux : suivre l’évolution des travaux et s’informer du plan de déplacement, sur les déviations pendant les travaux
  • Entretiens : voir pour une adresse donnée les actions présentes et futures menées par la collectivité
  • Etc.

 

Rendre compte aux citoyens

  • Services publics : visualiser et mesurer l’efficacité des services rendus par la collectivité (eau, déchets, cantines scolaires, électricité, chauffage urbains, etc.)
  • Travail des élus: suivi des missions menées par la collectivité; information sur l’évolution des « grands dossiers » et sur l’utilisation des fonds publics, retransmission des séances du conseil municipal et communautaire en direct par audio ou vidéo.
  • Subventions : Identifier les structures bénéficiaires et le contenu de leur projet
  • Marchés publics : les entreprises retenues, le contrôle du respect des clauses sociales et environnementales
  • Etc.

 

Un bénéfice pour tous

Ouvrir les données publique est bénéfique pour toute la société : démocratiquement, socialement et économiquement.

Les bénéfices démocratiques sont reconnus partout dans le monde, là où les données publiques sont libérées :

  • la traçabilité des dépenses publiques ;
  • le suivi des politiques publiques ;
  • la restitution aux administrés de leur propriété collective ;
  • l’apaisement des relations entre élus et citoyens ;

L’ouverture des données contribue aussi au développement économique, par la création de nouveaux services. D’ailleurs, les retombés économiques dans ce secteur sont évalués en Europe à plusieurs dizaines de milliards d’euros. Les gains en terme de services rendus par la collectivité à ses administrés sont tout aussi considérables.

Pour le moment, les acteurs que sont la Ville de Metz, la Communauté d’aglomération et le Conseil général Moselle ignorent peu ou prou cette démarche. Perçues comme trop stratégiques, les données publiques font ici l’objet de rétention, au service des seuls intérêts des élus dans l’exercice de leur pouvoir.

Et pourtant, cela marche ailleurs : Rennes fut pionnière en la matière dès 2010 ; Strasbourg, Mulhouse, Nantes, Montpellier et bien d’autres encore, ont suivi. Même l’Etat s’y est mis fin 2011.

Le monde change, les attentes des citoyens, aussi. Pourtant Metz reste « clouer à son plancher ». Certes, un beau plancher bimillénaire, mais quand même… Il est temps de nous tourner vers l’avenir ; de proposer une relation d’un nouveau genre entre les Messins, la ville et ses élus. Pour une vraie transparence politique, ouvrons l’ère de l’Open Data (données publiques) !

Partager Ce billet à été posté le Dimanche, mai 5th, 2013 à 14 h 48 min sous la catégorie Actualité. Vous pouvez suivre les commentaires par le biais du flux RSS 2.0 Vous pouvez laisser un commentaire, ou un trackback .

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