Communauté d’agglomération de metz-métropole :
La réduction du nombre de délégués, au sein de l’ex-CA2M, va renforcer la position du maire de Metz. Au risque de bouleverser les équilibres.
L’opposition messine sera-t-elle représentée au sein de la nouvelle assemblée de Metz-Métropole (CA2M), dont le nombre de délégués et de vice-présidents passera respectivement de 170 à 105 et de 48 à 20, en janvier 2010 ? C’est peu probable. Dominique Gros, en tout cas, semble peu enclin à faire une place à ses contradicteurs, alors que le nombre de postes dévolus à la ville de Metz passera de 55 à 35.
«Antidémocratique»
La polémique sur «l’armée metzicaine » et sa pléthore de vice-présidents à peine éteinte, la controverse risque ainsi de rebondir sur le «déficit démocratique » de cette instance intercommunale dont l’élection des membres échappe au suffrage universel. Certes, les autres communes de l’agglo, à commencer par Montigny-lès-Metz ou Woippy, n’ont jamais pratiqué l’ouverture à leur opposition. Mais le nombre de délégués dont ces villes disposent est sans commune mesure avec celui dont Metz peut se prévaloir.
Ancien adjoint rauschiste, passé en 2008 dans l’opposition municipale, Patrick Thil (UMP) estime que le verrouillage auquel semble vouloir procéder le maire de Metz est «antidémocratique ». «Il ne cesse de clamer qu’il respecte son opposition, mais c’est du baratin ! », s’étrangle l’élu. Même tonalité chez Marie-Jo Zimmermann (UMP) : «Je n’irai pas supplier M. Gros de me faire une place à la communauté d’agglomération », assure-t-elle. Tout en prévenant : «Si le débat démocratique ne peut plus s’exprimer dans cette enceinte, il se fera ailleurs ». Sous-entendu : dans la presse et en prenant l’opinion publique à témoin.
«La réduction du nombre de conseillers communautaires va accroître sensiblement le poids de la ville de Metz, au détriment des petites communes. L’équilibre difficilement acquis risque de s’en trouver bouleversé», prédit de son côté François Grosdidier, député-maire de Woippy (UMP). Emmanuel Lebeau, membre de l’opposition messine, a fait chauffer sa calculette : «Si les 35 nouveaux conseillers messins [leur élection interviendra le 4 décembre] devaient être issus de la majorité, le poids du maire de Metz, au sein de l’agglomération, passerait de 24,11 % à 33,33 % », a-t-il comptabilisé. Le jeune élu plaide pour une «représentation proportionnelle » des conseils municipaux, à savoir 28 conseillers élus, parmi les amis de M. Gros, et 7 issus des rangs de l’opposition.
Pression
On est loin des intentions du maire de Metz. «Pourquoi devrais-je faire ce que les autres ne font pas ? Un opposant de Woippy ou Montigny vaut bien un opposant messin», expliquait-il ce week-end. Selon certaines sources, Dominique Gros pourrait tout de même offrir un strapontin aux deux parlementaires de son conseil, Marie-Jo Zimmermann et Denis Jacquat. Pour l’heure, le maire de Metz semble surtout vouloir mettre la pression sur Jean-Luc Bohl, actuel président de Metz Métropole. S’il s’est engagé à ne pas briguer son poste en janvier, il entend obtenir du maire de Montigny-lès-Metz un soutien «sans état d’âme » des dossiers messins portés par l’agglo : transport en commun en site propre, palais des congrès, etc. Voire négocier pour les siens de nouvelles vice-présidences stratégiques.
Pour l’heure, Jean-Luc Bohl s’efforce de rester zen et assure que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, entre lui et son collègue messin. Pour combien de temps ?
Nicolas BASTUCK.
Publié dans le Républicain Lorrain du 17/11/2009

