‘Revue de presse’

Grosse chaleur et féroce opposition

Mardi, juillet 27th, 2010

Par Aurélia SALINAS • Journaliste La Semaine • 19/07/2010 à 10h09

Rideaux fermés, bal des carafes d’eau, éventails improvisés :  il faisait chaud jeudi soir lors de la dernière réunion du conseil municipal de Metz. Une touffeur qui n’a pas freiné les ardeurs de l’opposition. Celle-ci a joué son rôle de contestataire du premier au 53e point. 53 points… « du jamais vu depuis 30 ans », dixit Patrick Thil.

Dès le début, on entre dans le vif du sujet avec le compte administratif et le compte de gestion 2009, un regard direct sur la manière dont la municipalité gère son budget. Du petit lait pour l’opposant Emmanuel Lebeau devenu expert dans l’art de l’épluchage minutieux des comptes. Ce qui se traduit, en principe, par une valse de critiques. Il conteste encore et toujours la hausse de 9% d’impôts décidée en 2009. « J’avais sincèrement à cœur de me tromper et voir en vous un bon gestionnaire, un maire juste. Le compte administratif prouve le contraire ».

Emmanuel Lebeau pointe le doigt sur un excédent de 30 millions d’euros. « La hausse des impôts n’était donc pas nécessaire. Vous avez gonflé artificiellement les dépenses de fonctionnement », poursuit l’opposant qui attaque ensuite le maire sur le nombre d’agents territoriaux « Vous avez autant de collaborateurs que les secrétaires d’Etat ! ». 

Dominique Gros vante « la pédagogie collective » de sa municipalité. « C’est la première fois que nous expliquons ici tous les ratios. Aucun budget n’a été artificiellement gonflé ! », répond-il à Emmanuel Lebeau. « Je n’ai pas encore le nombre de collaborateurs que je pourrais avoir. J’ai un œil sur toutes les dépenses de mes collaborateurs. Oui nous vivons dans la modestie ! » 
Thomas Scuderi met son grain sel au moment des explications de vote pour lancer une bombinette sans grand intérêt : « Si le budget augmente, la démagogie augmente aussi ». Les deux oppositions votent contre les comptes administratifs et de gestion. 
Point 3 : point fourre-tout normalement consacré à l’affectation du résultat du budget principal et des budgets annexes. Mais en fait, tout le monde y va de sa petite remarque.  L’opposition en profite pour critiquer la politique de la ville en matière de propreté et de sécurité. Une chanson déjà entendue lors des précédents conseils municipaux. Nathalie Colin-Oesterlé remarque qu’une nuit blanche équivaut au salaire de 10 policiers municipaux, chargés d’assurer la sécurité. Patrick Thil sort ses archives pour annoncer qu’au mois de juillet 2009, lors d’un conseil municipal, Dominique Gros a parlé 1h, sa majorité 2h et l’opposition 29 minutes. Applaudissements dans la salle. 

Point 4: toujours une histoire de sous avec le budget supplémentaire 2010. Toujours Emmanuel Lebeau qui regrette le choix d’affecter des fonds supplémentaires à des subventions aux associations plutôt qu’à la propreté de la ville et… la sécurité. Et de comparer Metz à Nice, Estrosi à Gros.  Nice ville riche, propre et sûre. Et de citer les déclarations de Thierry Jean dans le RL qui admet la nécessité pour l’équipe municipale de se remettre en cause en matière de propreté. « Nous avons à gérer le problème en commun avec Metz métropole », répond le maire. « La différence entre Thierry Jean et vous, Monsieur Lebeau est que lui ne fait pas dans la langue de bois. Ca ne me dérange pas de me remettre en cause »… Les élus sont toujours à bonne température.

Cet article est paru le 8 juillet dans l’hebdomadaire La Semaine n° 277. Pour lire le journal dès sa parution, abonnez-vous !

Subvention au FC Metz : « Où va l’argent ? »

Lundi, juillet 5th, 2010

Le conseil municipal a accordé la subvention au centre de formation du FC Metz, jeudi soir. Mais l’opposant Emmanuel Lebeau s’interroge sur l’usage de ces 900 000 €. Vont-ils servir à renflouer le club professionnel ?

En France, le football est devenu une affaire politique. Le conseil municipal de Metz s’est donc offert un long débat sur le FC Metz, jeudi soir. Le mois dernier, la Ville devait accorder une subvention de 700 000 € à l’association FC Metz (une avance de 200 000 € a déjà été versée), pour financer le centre de formation. C’est la seule subvention que la loi autorise. Mais Emmanuel Lebeau (Metz2014.com) avait fait sensation en réclamant un report du vote, le temps d’étudier les comptes de l’association.

Jeudi soir, l’élu a donc décortiqué publiquement les comptes de l’association. Au cœur de son exposé : la relation entre le centre de formation au statut associatif et le club professionnel. « Dans les comptes, on s’aperçoit que l’association est créancière du club professionnel, pour un montant de 2,275 M€, révèle l’élu d’opposition. Il existe une incertitude sur la possibilité de recouvrer la totalité de cette somme. Pire : en un an, le prêt de l’association vers le club professionnel a augmenté de plus d’un million d’euros ! Depuis toujours, on nous dit que l’on verse une subvention pour financer le centre de formation. Mais dans les faits, la subvention a surtout servi à renflouer le club professionnel qui connaît de graves difficultés financières. » « La réussite du FC Metz, c’est son centre de formation, affirme Emmanuel Lebeau. C’est aussi son plus grand espoir. Nous devons tous œuvrer pour que ce centre de formation ne subisse pas les atermoiements du club professionnel. Donner 900 000 € pour combler un trou d’une société professionnelle, je ne suis pas sûr que nous soyons tous d’accord. » Lebeau exige donc que l’association cesse de prêter de l’argent au club professionnel.

Aldrin réclame plusL’autre groupe d’opposition, par la voix de Jérémy Aldrin (UMP), va dans le sens contraire. Evoquant la récente victoire des jeunes Grenats en coupe Gambardella, il demande une petite rallonge de subvention, pour « donner un coup de pouce au centre de formation »

Face à une telle contradiction, le maire se frotte les mains : « Monsieur Lebeau a fait un exposé remarquable qui répond à Monsieur Aldrin. Il nous dit que nous sommes en train de financer indirectement un club professionnel. Ce que la loi nous interdit de faire. » En résumé : « Tout ce que nous apportons d’un côté, ça repart de l’autre. » Comme il sait que les élus voteront la subvention à l’unanimité (ce qui s’est vérifié), le maire préfère ne pas mettre d’huile sur le feu : « Que vous dire ? J’observe. Je ne vais pas faire la leçon au football. Il y a peut-être un peu d’argent. Mais le centre de formation forme des jeunes qui gagnent. Sur le plan sportif, ça marche. Sur le plan financier, Monsieur Lebeau a raison : il nous ouvre les yeux et il le dit en public. Moi je ne l’aurais pas dit. » Mais il n’est pas mécontent qu’un autre l’ait fait à sa place.

Textes : Nicolas BASTUCK et Anthony VILLENEUVE.

Publié le 03/07/2010 dans le RL

http://www.republicain-lorrain.fr/fr/permalien/article/3424947/Subvention-au-FC-Metz-Ou-va-l-argent.html

Place Saint-Louis : des pots de fleurs jusqu’à la rentrée

Samedi, mai 29th, 2010

Jeudi soir, à la fin du conseil municipal, l’opposant Emmanuel lebeau a mis le dossier de la place Saint-Louis sur la table. Après avoir demandé des nouvelles de l’immeuble Tolub, il a demandé des nouvelles de la fameuse rigole qui fait tant jaser.

L’aménagement végétal qui avait été réalisé par les services de la ville va en effet être supprimé, pour respecter les exigences de l’architecte des bâtiments de France.

Et ça ne plaît pas à Emmanuel Lebeau : « Plus de 4 000 Messins et amoureux de Metz ont signé une pétition en faveur du maintien de la rigole verte sur la place Saint-Louis. Au-delà de l’aspect esthétique de ce fleurissement, c’est également une mesure de sécurisation de l’espace public. Nous ne pouvons pas accepter que la municipalité décide de supprimer l’élégance des plantations dans la rigole. »

Sur ce dossier, Dominique Gros n’est pas forcément en désaccord avec Emmanuel Lebeau.

Mais il doit convaincre l’architecte des Bâtiments de France : « Cet après-midi, les services de la ville rencontraient l’ABF et ont évoqué avec elle les solutions qui pourraient être proposées pour répondre au problème d’usage de cette rigole. Le 3 juin, l’aménagement floral actuel sera enlevé, conformément à l’engagement initial pris auprès de l’ABF. Mais il sera remplacé par des pots plantés jusqu’au 15 septembre. »

Publié dans le Républicain Lorrain le 29/05/2010

http://www.republicain-lorrain.fr/fr/permalien/article/3216019/Place-Saint-Louis-des-pots-de-fleurs-jusqu-a-la-rentree.html

Lebeau invite Stefanovitch

Samedi, mai 29th, 2010

L’opposant messin

Emmanuel Lebeau compte faire de la lutte

contre le cumul des mandats sa « priorité ». Pour donner une rampe de lancement

à son combat, il a invité

l’écrivain Yvan Stefanovitch, vendredi prochain. Celui-ci vient d’écrire « La caste

des 500 », aux éditions

J.-C. Lattès, un livre qui décrit les pouvoirs des élus

cumulards. Les deux hommes donneront une conférence

de presse commune.

Publié dans le Républicain Lorrain le 29/05/2010

http://www.republicain-lorrain.fr/fr/permalien/article/3216203/Lebeau-invite-Stefanovitch.html

Gros va-t-il saccager la ville ?

Mardi, mai 18th, 2010

«  J’ai peur d’un nouveau massacre, j’ai peur qu’on ne commette une grave erreur ! » Emmanuel Lebeau surjoue un peu dans le registre Gicquel pour son intervention sur les aménagements nécessaires au passage du Mettis dans le secteur Moyen Pont, Belle-Isle et Saint-Vincent. La où d’autres ont émis des réserves sur certains choix et certains coûts, lui parle d’une rénovation à l’aune des années 60 et se dit mandaté par des historiens pour intervenir. «  C’est drôle d’essayer de faire croire que je vais massacrer la ville » lui répondra Dominique Gros. Pour comprendre plus précisément, prenez votre ticket et en route.

Le transport en commun en site propre( TCSP)  avec des bus à haut niveau de service ( BHNS) qu’on nous prépare s’appellera le « Mettis ». Apparemment on a laissé tomber le nom  « Met »qui devait être réservé à la partie la plus moderne du Mettis. Cela étant on va surtout se mettre à le faire. Et plus précisément Metz Métropôle dont le maire de Metz, principal mais pas seul concerné, est le premier vice-président chargé des transports. 

Pour le passage en cœur de ville, et notamment entre le secteur République et Saint-Vincent, un certain nombre d’aménagements physiques doivent être réalisés. Le conseil municipal avait à se prononcer jeudi soir sur les procédures d’étude et de réalisation de trois tronçons : le tour du palais de justice, la rue de la Garde et le moyen pont, la rue Belle Isle et le boulevard Sérot. En clair de la Rep à l’usine des Tabacs. Qui n’en est plus une et dont les locaux font l’objet d’offres de promoteurs  que la ville suit de près dans une volonté d’aménagement du secteur. Les trois lots de travaux Mettis ( deux de 6  millions d’euros  et un de 2)  ont surtout mis en évidence deux points sensibles : le doublement du Moyen-Pont, la restructuration du square du Luxembourg et l’utilisation de la place Saint Vincent.

Casser le pont pour le passer

Le plus spectaculaire est le Moyen-Pont, dont le doublement de largeur est prévu. Il s’agit  pour lui d’accepter à la fois la double voie du  Mettis ainsi qu’une  circulation automobile permettant d’accéder au secteur cathédrale et  à l’entrée Poincaré du parking République en venant du quartier des îles. Doubler le pont ? « Bon nombre d’historiens m’écrivent dit Emmanuel Lebeau… c’est un massacre du site. Au-delà de l’intérêt  général du transport en commun, on commet là une grave erreur ». Patrick Thil sur ce même sujet avait émis des réserves insistant sur le fait que ce point de vue photographique sur Metz était le plus apprécié avec celui de la cathédrale. Comment apparaîtra la subtilité des trois arches après l’élargissement. Et il ajoutera un couplet sur la place Saint-Vincent qui deviendra quasi-inaccessible aux voitures  et aurait pu devenir un jardin si la municipalité actuelle avait eu la sagesse de reprendre le projet de parking Metz Plage prévu par l’ancienne.

La réponse de Dominique Gros sera précédée par un commentaire de Thierry Jean sur le caractère « nécessaire, emblématique et difficile de ce dossier. En transports en commun nous étions ringards…pour bénéficier de l’avenir il faut survivre au présent ».  Le maire de Metz commencera par dire qu’il trouve « drôle » d’être accusé de massacrer une ville où il a mis tant d’ardeur et d’années à défendre. «  Le premier fonctionnaire que je suis allé voir après mon élection a été l’architecte des Bâtiments de France. Pour  Mettis nous avons fait le pari de lui faire  desservir le cœur de la ville plutôt que de nous contenter d’une ceinture de boulevards ce qui aurait abouti à une autre forme de  ville.  Cela nécessite des aménagements dont celui du Moyen-Pont qui avait été en grande partie détruit lors de la dernière guerre. La façade décorative «  troubadour » du côté du plan d’eau sera remontée et remise en place ». Le pont aura simplement doublé de largeur comme cela avait été fait pour le pont des Grilles du côté de Chambière.

Plus globalement, conclura le maire de Metz, nous voulons « continuer à privilégier  l’investissement sur cette ville  car c’est par là que nous allons gagner ou nous en sortir ». Quant à Saint Vincent et au parking dans le secteur, c’est l’opération Altadis qui pourrait fournir une nouvelle piste. Enfin, sur les choix de matériels pour la ligne Mettis, hybride ou pas, deux caisses ou trois…  « nous utiliserons notre liberté de choix jusqu’à la dernière seconde ». Il parlera assez peu d’argent… sans doute un domaine réservé plus précisément à Metz Métropole. En attendant : Metz saccagée ? On peut en douter. Le pire n’est jamais certain.
Par Jean-Pierre JAGER • Journaliste La Semaine • 18/05/2010 à 07h52.

Cet article est paru le 6 mai 2010 dans l’hebdomadaire La Semaine n° 268