Avoir le nez fin ou simplement un peu de chance, après un investissement immobilier, est désormais soumis à l’impôt.
La taxe que Metz-Métropole souhaite instaurer sur les plus-values immobilières (15 % après abattement), pour les biens situés dans un périmètre de 300 mètres autour des futures stations Mettis (lire RL d’hier), fait polémique avant même d’avoir été adoptée.
Plusieurs membres de l’opposition messine s’en sont pris, hier, à cette nouvelle fiscalité que les élus de la communauté d’agglomération envisagent d’instaurer lundi, lors de leur prochain conseil.
« Les Messins n’en peuvent plus », s’offusque la députée Marie-Jo Zimmermann (UMP), qui évoque une « fuite en avant fiscale », depuis 2008. Sous-entendu : depuis l’arrivée aux affaires de Dominique Gros et Jean-Luc Bohl. « Les élus de l’Agglo, et notamment le maire de Metz, avaient promis que Mettis s’autofinancerait, rappelle l’élue. Trop, c’est trop ! En pleine crise économique, nos concitoyens sont essorés », insiste-t-elle en égrenant la liste des nouveaux prélèvements fiscaux « subis » par les Messins, depuis quatre ans : « Deux augmentations consécutives de la taxe d’habitation et de la taxe foncière ; création puis doublement de l’impôt sur les ménages prélevé par Metz-Métropole ; augmentation du prix de l’eau, des parkings et des TCRM ; instauration d’une taxe sur l’électricité à son taux maximum… Et, maintenant, cette taxe sur les plus-values immobilières ! Et qu’on ne vienne pas nous dire qu’elle sera indolore puisqu’on en attend un rendement de 800 000 € par an ».
Marie-Jo Zimmermann a fait ses comptes : selon elle, ce sont « plus de 15 M€ supplémentaires qui, chaque année, sont désormais ponctionnés dans la poche des Messins ».
« Dérives »
Emmanuel Lebeau, toujours prompt à partir en croisade contre les impôts, dénonce, de son côté, « les mauvais coûts et mauvais coups de Mettis ».
« Depuis le début, nous dénonçons la folie dépensière du projet, qui se contentera de faire rouler de simples bus sur des voies dégagées. En 2008, le projet initial était évalué à 146,3 M€ ; son coût a flambé après études avec une estimation à 198,8 M€. À présent que nous sommes entrés dans la phase de réalisation, la nouvelle prévision est de 220 M€ hors taxe », chiffre Lebeau. Qui stigmatise un « dépassement désastreux pour les finances publiques », dû, selon lui, à « l a légèreté des études préliminaires, à la précipitation des élus à lancer les travaux […] et au surcoût engendré par les chantiers ouverts sur certains sites emblématiques tels que le Moyen-Pont et la place de la Gare, non prévus initialement ».
Comme sa collègue Zimmermann, Emmanuel Lebeau rappelle que le maire de Metz avait « juré » que le coût de Mettis serait financé totalement par la taxe transport que versent les entreprises (1,8 % de la masse salariale). « J’affirmais alors que c’était faux, je ne me suis pas trompé.Après la taxe sur les ménages, et pour financer ce gouffre, Metz-Métropole invente aujourd’hui un nouvel impôt », déplore le jeune élu qui, tel Cassandre, prédit « de nouvelles dérives ». « Ce nouvel impôt ne permettra pas de combler les dépassements budgétaires de Mettis et de financer la dette de Metz-Métropole, laquelle atteindra 150 M€ en 2014, contre 15 M€ en 2008 ».
Une précision tout de même : la taxe que souhaite lever l’agglomération messine a été créée par la loi du 12 juillet 2010, dite Grenelle 2, et présentée par la droite, alors majoritaire à l’Assemblée. Il est vrai que celle-ci reste une possibilité offerte aux collectivités, en aucun cas une obligation.
Nicolas BASTUCK.
http://www.republicain-lorrain.fr/moselle/2012/05/11/taxe-mettis-l-opposition-messine-deja-vent-debout?signin=1

