En ces temps de vaches maigres, l’opinion se montre extrêmement chatouilleuse sur l’utilisation des deniers publics. Le phénomène est général et les collectivités n’échappent pas à l’examen sourcilleux que le contribuable, de plus en plus excédé, exerce sur l’affectation de ses impôts. La droite messine l’a bien compris, qui ne rate plus une occasion de hurler au « gaspillage » et de fustiger les « dérapages de la municipalité ». Avec un zèle de bénédictin, elle scrute les chiffres pour mieux réciter son credo : « Halte à la gabegie ! ».
Le diable se niche dans les détails et, hier soir, au conseil municipal, c’est dans le programme de maintenance de la voirie publique que Nathalie Colin-Œsterlé (Nouveau Centre) et Emmanuel Lebeau (Divers droite), à nouveau réunis, ont trouvé matière à polémique. Près de 2,5 M€ vont être dépensés pour la rénovation de divers « tapis routiers ». Ainsi, l’avenue Louis-le-Débonnaire, qui longe le Centre Pompidou, va-t-elle bénéficier d’un revêtement tout neuf pour le passage du Tour de France à Metz, le 6 juillet prochain. « On ne peut que se réjouir du passage, dans notre ville, de cette grande compétition sportive pour laquelle, soit dit en passant, nous avons déjà déboursé 200 000 €, intervient Lebeau. Pour autant, on peut s’étonner de cet enrobé à 150 000 €, réalisé uniquement pour que le sprint final de l’étape puisse se faire devant Pompidou. Cette dépense est d’autant plus aberrante qu’en 2013, cette même avenue devra être entièrement refaite pour permettre sa connexion à la rocade Est. Bref, autant jeter 150 000 € par les fenêtres ! Ainsi donc, Metz risque de passer deux fois à la télé : grâce au Tour mais aussi dans l’émission Combien ça coûte ? C’est surréaliste ! », s’égosille l’élu d’opposition. Nathalie Colin-Œsterlé approuve, tandis que Jérémy Aldrin (UMP) demande si d’autres travaux seront engagés pour répondre aux exigences de la société du Tour de France. Il n’obtiendra pas de réponse sur ce point précis.
Retombées
Belkhir Belhaddad, adjoint (PS) aux sports, se charge de répliquer. « Le Tour de France est passé une quarantaine de fois à Metz et, bien souvent, des aménagements ont dû être consentis pour les besoins de la cause. Vous évoquez les dépenses, je vais vous parler des recettes. Le Tour de France est le troisième événement le plus médiatisé de la planète, après les Jeux olympiques et la Coupe du monde de football. 160 chaînes de télévision du monde entier retransmettent l’événement pour un milliard et demi de téléspectateurs. J’ai bien dit un-mi-lli-ard-et-demi ! Le retour sur investissement est énorme, il se compte en millions ! À 100 km à la ronde, tous les hôtels affichent complets depuis des mois. Nous n’allions tout de même pas accueillir le Tour sur le Technopôle ; l’endroit le plus prestigieux de la ville, c’est Pompidou ! », plaide-t-il.
Son collègue Jacques Tron, adjoint aux travaux, y va de son argument : « Il ne s’agit pas de décaisser la voirie, c’est juste un tapis. De toute façon, il aurait fallu le faire ! », assure-t-il. Bref, si Paris valait bien une messe, le Tour à Metz vaut bien 150 000 € !
Consciente de la popularité de l’épreuve, l’opposition n’estime pas devoir en rajouter. Finalement, seul Emmanuel Lebeau s’abstiendra, le reste des élus, tous bords confondus, se joignant au peloton de la majorité pour approuver ces travaux.
Nicolas BASTUCK.
En ces temps de vaches maigres, l’opinion se montre extrêmement chatouilleuse sur l’utilisation des deniers publics. Le phénomène est général et les collectivités n’échappent pas à l’examen sourcilleux que le contribuable, de plus en plus excédé, exerce sur l’affectation de ses impôts. La droite messine l’a bien compris, qui ne rate plus une occasion de hurler au « gaspillage » et de fustiger les « dérapages de la municipalité ». Avec un zèle de bénédictin, elle scrute les chiffres pour mieux réciter son credo : « Halte à la gabegie ! ».
Le diable se niche dans les détails et, hier soir, au conseil municipal, c’est dans le programme de maintenance de la voirie publique que Nathalie Colin-Œsterlé (Nouveau Centre) et Emmanuel Lebeau (Divers droite), à nouveau réunis, ont trouvé matière à polémique. Près de 2,5 M€ vont être dépensés pour la rénovation de divers « tapis routiers ». Ainsi, l’avenue Louis-le-Débonnaire, qui longe le Centre Pompidou, va-t-elle bénéficier d’un revêtement tout neuf pour le passage du Tour de France à Metz, le 6 juillet prochain. « On ne peut que se réjouir du passage, dans notre ville, de cette grande compétition sportive pour laquelle, soit dit en passant, nous avons déjà déboursé 200 000 €, intervient Lebeau. Pour autant, on peut s’étonner de cet enrobé à 150 000 €, réalisé uniquement pour que le sprint final de l’étape puisse se faire devant Pompidou. Cette dépense est d’autant plus aberrante qu’en 2013, cette même avenue devra être entièrement refaite pour permettre sa connexion à la rocade Est. Bref, autant jeter 150 000 € par les fenêtres ! Ainsi donc, Metz risque de passer deux fois à la télé : grâce au Tour mais aussi dans l’émission Combien ça coûte ? C’est surréaliste ! », s’égosille l’élu d’opposition. Nathalie Colin-Œsterlé approuve, tandis que Jérémy Aldrin (UMP) demande si d’autres travaux seront engagés pour répondre aux exigences de la société du Tour de France. Il n’obtiendra pas de réponse sur ce point précis.
Retombées
Belkhir Belhaddad, adjoint (PS) aux sports, se charge de répliquer. « Le Tour de France est passé une quarantaine de fois à Metz et, bien souvent, des aménagements ont dû être consentis pour les besoins de la cause. Vous évoquez les dépenses, je vais vous parler des recettes. Le Tour de France est le troisième événement le plus médiatisé de la planète, après les Jeux olympiques et la Coupe du monde de football. 160 chaînes de télévision du monde entier retransmettent l’événement pour un milliard et demi de téléspectateurs. J’ai bien dit un-mi-lli-ard-et-demi ! Le retour sur investissement est énorme, il se compte en millions ! À 100 km à la ronde, tous les hôtels affichent complets depuis des mois. Nous n’allions tout de même pas accueillir le Tour sur le Technopôle ; l’endroit le plus prestigieux de la ville, c’est Pompidou ! », plaide-t-il.
Son collègue Jacques Tron, adjoint aux travaux, y va de son argument : « Il ne s’agit pas de décaisser la voirie, c’est juste un tapis. De toute façon, il aurait fallu le faire ! », assure-t-il. Bref, si Paris valait bien une messe, le Tour à Metz vaut bien 150 000 € !
Consciente de la popularité de l’épreuve, l’opposition n’estime pas devoir en rajouter. Finalement, seul Emmanuel Lebeau s’abstiendra, le reste des élus, tous bords confondus, se joignant au peloton de la majorité pour approuver ces travaux.
Nicolas BASTUCK.



