La conférence de vendredi soir avec Yvan Stefanovitch auteur du livre « La Caste des 500 « , nous a permis de découvrir ou redécouvrir qu’une caste discrète de 500 cumulards échappe depuis une trentaine d’années à tout contrôle et toute information, alliant la visibilité de leurs fonctions à l’opacité de leurs moyens, de leurs privilèges et de leur pouvoirs. Cette caste incontournable a participé en coulisse à la constitution des listes de candidats aux régionales de mars 2010, élection à laquelle je n’ai pas souhaité participer en partie pour cette raison. Depuis le milieu des années 70, on assiste à la montée incessante du pouvoir de ces barons locaux. L’Etat a fait voter en 1982 les lois de Décentralisation qui ont permis à des parlementaires de devenir les patrons des exécutifs locaux (maire, président de communauté, président de département, président de région). Des hommes et des femmes devenus cumulards qui, comme l’écrit Yvan Stefanovitch, sont devenu les princes de la république, de la dépense publique locale.
Le combat que j’ai mené et gagné il y a quelques mois face à « l’armée Metzicaine » relatif au mode de gouvernance de la communauté d’agglomération de Metz Métropole qui visait à réduire le nombre de vice-présidents et de conseillers, m’a conforté dans l’idée que beaucoup d’hommes politiques sont devenus des monarques, qui, par le jeu du cumul des mandats, bénéficient de privilèges indécents en cette période de crise économique. Si hier cette anormalité pouvait être admise, elle devient insupportable aujourd’hui avec la montée du chômage et de la précarité. Rappelons que 80 % de nos parlementaires dirigent également un exécutif local ; et ils sont nombreux dans notre région ; ce cumul des mandats reste interdit chez la plupart de nos voisins européens. Cette façon de faire la politique est une spécificité française.
« La caste des 500 » d’Yvan Stefanovitch est le résultat d’un an d’enquête permettant de mieux comprendre comment certains politiciens, souhaitant conserver les importants avantages qui leur sont accordés, assurent eux-mêmes la pérénnité du système.
Dans les semaines à venir, je compte faire du cumul des mandats une de mes priorités et c’est pour cela que je me suis réjoui de cette soirée que nous avons partagé avec l’auteur de ce livre-enquête. Je vous donne rendez-vous sur notre site internet pour évoquer ce profond malaise qui n’honore pas une partie de la classe politique de notre pays, de notre région, de notre département et de notre ville.










