Des coûts et des coups

conseil muncipal de  MetzLe débat sur la future politique de stationnement (RL de mercredi) a viré au règlement de comptes. Entre Dominique Gros et Emmanuel Lebeau, tous les coups sont permis.

Il ne peut pas s’en empêcher. Alors que le projet de création de 554 nouvelles places payantes et d’augmentation des tarifs du stationnement en voirie était soumis au conseil municipal, hier soir, Emmanuel Lebeau (opposition) entonne son refrain préféré : «Vous augmentez de manière effroyable le coût du stationnement. C’est un nouveau coup de massue fiscal. Pour vous, le contribuable messin est une vache à lait. Et vous souhaitez le traire jusqu’à la dernière goutte. Il n’y a pas un conseil sans que vous ne décidiez d’une nouvelle hausse. »
Cette attaque n’émeut guère la majorité, trop fière de proposer, dans la même motion, la mise en place du stationnement résidentiel, qui permettra aux habitants du centre ville d’utiliser les places payantes à moindre coût. «20 € par mois, ce sera le tarif de stationnement des Messins », annonce Dominique Gros, qui avait fait de cette mesure l’une des promesses phares de sa campagne. Le stationnement résidentiel ? L’opposition y est plutôt favorable. Elle préférerait simplement que les foyers possédant deux voitures puissent bénéficier d’un second macaron, au lieu d’un seul comme prévu.

Soupe… à la grimace

Emmanuel Lebeau lance alors sa seconde salve : «Dans la liste des nouvelles rues payantes, je suis surpris de ne pas voir la rue de La Haye, celle où vous vivez. Pourquoi ?», taquine l’élu d’opposition.
Dans le costume du responsable politique, Dominique Gros a un point faible : il est incapable de rester stoïque lorsqu’on l’attaque en dessous de la ceinture. Hier soir, il se laisse encore piéger en répliquant par un autre coup bas : «Vous avez parlé de ma rue avec une délicatesse qui vous honore. Laissez-moi raconter une histoire. Lors de la cérémonie des vœux, mon épouse était présente. Eh bien, votre compagne est venue la voir, sans se présenter, pour lui demander si la personne qui servait la soupe au buffet était un de nos amis… Ces attaques ou ces soupçons sur mes amis, je commence à en avoir…»

Suspension de séance

Le maire n’a pas le temps d’aller au bout de sa pensée : Emmanuel Lebeau s’est déjà levé et saisi du micro, pour clamer : « Je suis comptable de ce que je dis, pas de ce que dit ma femme ! » Défiant le brouhaha, il s’explique : «Comment osez-vous ? Que vous m’attaquiez sur ce que j’ai dit sur la rue de La Haye, ok. Mais que vous repreniez des propos supposés de ma compagne pour m’attaquer, ça non ! ! ! Je demande une suspension de séance. » Lebeau finira par l’obtenir, après plusieurs hurlements.
Un nouvel épisode bien embarrassant pour sa présidente de groupe, Marie-Jo Zimmermann (UMP), qui a lancé un appel au calme quelques minutes plus tôt (ci-dessus). Durant la suspension, Lebeau réclame une réaction forte. Il n’obtiendra qu’une déclaration policée et prudente de sa cheffe de file : « Je souhaite que nous n’évoquions plus ce qui se passe en privé dans cette enceinte ». Gentiment désavoué, Emmanuel Lebeau n’a plus qu’une porte de sortie : lever les yeux au ciel. Il espère être le leader d’un nouveau clash. Mais s’il y a bien une chose que ses collègues de l’opposition ne sont pas prêts à lui offrir facilement, c’est bien le leadership.

Publié dans le républicain lorrain du 29/01/2010
http://www.republicain-lorrain.fr/fr/permalien/article/2635338/Des-couts-et-des-coups.html

Partager Ce billet à été posté le Dimanche, janvier 31st, 2010 à 20 h 14 min sous la catégorie Revue de presse. Vous pouvez suivre les commentaires par le biais du flux RSS 2.0 Vous pouvez laisser un commentaire, ou un trackback .

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