Des centaines d’arbres en coupe réglée

La rue des Hauts peupliers va devenir la rue de la Hache ?Trois cent soixante cinq (365), c’est le nombre d’arbres qui sont en train d’être abattus ou vont l’être dans les prochaines semaines, sur le ban communal messin. Soit un arbre par jour pendant un an.

 

Face à ce que d’aucuns considèrent comme un chiffre énorme, les services techniques des Espaces verts de la Ville ont évidemment des arguments à faire valoir. Ainsi annoncent-ils que lors de l’inspection annuelle d’automne, certains arbres ont montré des signes de dépérissement et de faiblesse dus soit à un âge trop avancé, soit à des traumatismes liés au milieu urbain (blessures non cicatrisées, attaques parasitaires, salage…), soit à la sécheresse (branches sèches, échaudures). L’aspect sécuritaire est lui aussi avancé puisque plusieurs dizaines d’essences vieillissantes ou encombrantes représenteraient un danger à court terme pour les piétons ou les automobilistes. Idem pour la gêne qui est également évoquée : « en raison du fort développement qu’ils ont atteint, certains arbres doivent être supprimés car ils provoquent des désagréments pour les riverains (ombre excessive, chéneaux bouchés) et parfois même des dégradations (fondations, canalisations, etc…)». Reste une dernière explication consistant à démontrer que certains arbres se situent trop près des limites de propriété alors que d’autres font partie d’anciens alignements qui, à l’époque, étaient plantés trop serrés. Se voulant rassurants, ces mêmes services techniques garantissent toutefois que, ‘‘le plus souvent’’, les arbres abattus seront remplacés tantôt à l’identique, tantôt par une variété mieux adaptée. Et que ‘‘si les conditions le permettent’’, les arbres gênants seront remplacés par des essences de moindre volume.

                                          A bas les laids peupliers !

Si cet argumentaire est sans doute fondé dans bien des cas, il n’empêche que l’on est en droit de se poser quelques questions. Pourquoi abattre une telle quantité d’arbres d’un seul coup, alors que la moyenne d’abattage annuelle n’est que de moitié en rapport de ce chiffre de 2010 ? A croire que le parc boisé messin aurait été brusquement victime d’une attaque pernicieuse. Comment se fait-il que les élus Verts de la municipalité restent étrangement silencieux sur ce déboisement alors que la Ligue de protection des oiseaux (LPO) se dit « préoccupée et plus que réservée » surtout quant à la nidification qui va s’en trouver très perturbée ? Pourquoi s’en prendre aux arbres du centre-ville dont la suppression ne répond à aucun des critères invoqués ci-dessus ? « Si l’on m’avait demandé mon avis, je m’y serais opposé » déclare tout de go un pro de l’arboriculture parlant des érables – déjà abattus –  bordant l’avenue Robert Schuman face à la place de la République. Et que dire de ces 17 érables de l’avenue Foch qui sont condamnés au seul motif qu’ils ne sont pas en harmonie avec les platanes de l’autre rive ? Sans compter avec les 220 peupliers qui vont disparaître à jamais du paysage, en particulier des hauts de Queuleu (40) et de Magny (130), sous prétexte que ce ne sont pas des essences nobles. Dommage pour les Messins qui vont se réveiller un triste matin en ne reconnaissant plus tout à fait leur rue. Dommage aussi que les riverains des principaux secteurs concernés n’aient pas été consultés, ce qui aurait peut-être eu le mérité de tempérer les ardeurs des néo-technocrates à l’origine de ces décisions.

JJW

 

Extrait de l’ Ami hebdo : http://www.ami-hebdo.com/moselle/

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  • Sharmila
    moi, ça me fait mal au coeur de voir tous ces arbres abattus...
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