
Un réquisitoire sévère d'Emmanuel Lebeau contre le budget 2010
Monsieur le Maire, vous nous avez une fois de plus surpris par votre choix budgétaire pour 2010. Tous les Messins espéraient que vous alliez revenir dans le droit chemin après votre sortie de route de 2009 et ce mauvais coup de massue fiscal infligé au contribuable.
Comme disait Sénèque le Jeune, Errare humanum est, perseverare diabolicum !
Nous attendions donc une proposition de baisse de la pression fiscale.
Une erreur répétée devient une faute.
Aucun élément chiffré sérieux n’explique cette nouvelle hausse d’impôt.
Mes premières remarques porteront sur le contenu du document de travail relatif au DOB. Ce rapport traite les choses de manière partiale et partielle. Vous nous racontez une fois de plus l’histoire de « l’effet de ciseaux » qui va bientôt être plus connu que la légende du Graoully à Metz. Les violons des conséquences désastreuses des restructurations militaires sont de sortie. Sortez vos mouchoirs …
Nous aurions tant apprécié que ce document présente de réelles perspectives financières chiffrées pour 2010 à 2013 et développe des scénarii alternatifs. Une fois de plus, une seule voie est proposée. J’aurais aimé que plusieurs plans soient proposés afin que nous puissions réellement en débattre. Or, avec vous, nous n’avons pas le choix. Il est déjà fait. C’est forcément celui de l’augmentation des impôts. En plus des difficultés qu’il rencontre, le contribuable messin doit faire face au désintérêt, voire à l’arrogance de la majorité municipale.
Vous osez utiliser la logique de « double peine » : baisse des recettes et hausse des charges pour la ville. Or, le seul à subir réellement la double peine c’est le contribuable messin : hausse des impôts locaux et baisse de ses revenus. Mais, lui, il n’a qu’un seul choix celui de payer ses impôts.
Sur le fond, la ville de Metz n’a vraiment pas besoin d’accroître les impôts. Celle-ci dispose en effet aujourd’hui d’une capacité d’autofinancement largement suffisante pour financer le programme d’investissement de 40 millions d’euros. Pour mémoire, le budget primitif de l’exercice 2009 fait ressortir un autofinancement prévisionnel dégagé au profit de la section d’investissement de plus de 25 millions d’euros. Largement supérieur à votre objectif de 13 millions d’euros annoncé pour 2010. De plus, la situation financière de la ville est très bonne. A ce jour, le montant de la trésorerie placée non nécessaire au fonctionnement, appelée plus familièrement « Cagnotte », est de 61 345.000 euros. C’est le record de France.
Un autre aspect essentiel est masqué dans cette présentation : C’est l’évolution de l’extinction de la dette. Le montant des annuités pour 2009 était de près de 4 millions d’euros, il passe en 2010 à 2,1 millions d’euros. Soit une marge de 1,9 million d’euros pour cette année. Cela laisse de la marge pour le financement des projets
Alors comment expliquez cette hausse ?
Certes, il y a la non maîtrise de la masse salariale : +3,3% ; les dépenses du centre Pompidou qui flambent : 700.000 euros dont 400.000 euros récurrents ; mais il y a surtout la flambée, ou le saupoudrage des subventions de fonctionnement aux divers organismes associatifs. Il s’agit d’argent public, ne l’oublions pas. Si la ville de Metz a besoin de faire face à de nouvelles dépenses de fonctionnement, elle doit absolument privilégier la réallocation de ses dépenses. Le volume des dépenses doit notamment être limité aux recettes disponibles. Il faut faire évoluer le rythme des dépenses de fonctionnement en fonction du rythme des recettes, hors hausse d’impôt. Des économies sont possibles… L’accroissement du budget de la communication démontre–t-il une bonne gestion ? Est-il utile et nécessaire d’augmenter le budget de l’été du livre ? Il s’agit là d’une logique de la dépense publique sans réel discernement.
Il est impératif que la municipalité gère plus rigoureusement les deniers publics en faisant des arbitrages budgétaires plus forts. Par la maîtrise de la maîtrise de la dépense publique, on aboutit à la maîtrise de la fiscalité locale. Regardez comment votre homologue, le maire de Luxembourg, a réduit d’une manière très importante les dépenses de fonctionnement pour maintenir son niveau de fiscalité locale.
En effet, le niveau de la fiscalité est un des éléments d’attractivité d’une ville. Combien de famille ont renoncé à habiter à Metz en raison du poids énorme des impôts locaux ? La municipalité pousse les familles moyennes à habiter ailleurs qu’à Metz, c’est un comble.
La comparaison que vous faites avec les autres villes ne vous donne pas raison. Metz a deux différences significatives par rapport aux autres villes : elle dispose d’une population beaucoup plus modeste et bénéficie d’une manne exceptionnelle l’UEM. En effet, si la ville de Metz ne bénéficiait pas du dividende annuel de l’UEM, notre ville figurerait parmi les villes les plus imposées de France. En effet, elle devrait recouvrer par l’impôt plus de 8,5 millions d’euros soit une hausse de 21 % des impôts locaux…
Dernier élément qui me laisse songeur, c’est votre volonté d’aller vers la « démocratie participative ». Et si vous, le démocrate, commenciez par donner l’exemple en faisant en sorte que le 4 décembre prochain votre opposition conserve une représentation proportionnelle au niveau des conseillers messins de Metz Métropole ? Cela serait un bon début qui ne génèrerait aucune dépense.
En conclusion, ce soir le contribuable messin ne dormira pas bien, il se sentira une fois de plus berné et trahi par vos fallacieuses promesses de campagne et se retrouvera plus pauvre aujourd’hui qu’hier. En Deux ans de 2009 à 2010, vous allez ponctionner sur le pouvoir d’achat des ménages près de 5,7 millions d’euros de hausse d’impôts. Ainsi, en deux ans, vos hausses successives d’impôts locaux, vont réduire en moyenne le pouvoir d’achat des ménages de plus de 300 euros.
Partager Ce billet à été posté le Samedi, novembre 28th, 2009 à 10 h 23 min sous la catégorie Actualité. Vous pouvez suivre les commentaires par le biais du flux RSS 2.0 Vous pouvez laisser un commentaire, ou un trackback .
