De la biodiversité à la biomasse en passant par le Martin Pecheur

Tout le monde connait depuis longtemps, Monsieur Darbois, votre engagement dans le monde de l’écologie, et ceci est tout à votre honneur. Vous êtes un ardent défenseur de la planète, donc de sa biodiversité et vous nous le prouvez  ce soir en mettant en place, dans le cadre de l’année  internationale de la biodiversité, un cycle de conférence sur ce thème.

Paradoxalement vous vous êtes engagés, au côté de Monsieur le Maire, à la mise en place d’une grosse centrale à biomasse forestière à Metz.

Au cours du conseil municipal du mois de juillet, je vous ai fait part de mes inquiétudes quant aux prélèvements  excessifs que vous vous apprêtez à effectuer au sein de la forêt Lorraine  avec naturellement l’impact négatif que cela risque d’entrainer sur la biodiversité, les sols, les eaux de surface etc., etc.

Aujourd’hui je ne suis pas la seule à avoir ces inquiétudes .France Nature Environnement, les syndicats forestiers, les différents rapports sur la biomasse forestière et son impact sur la biodiversité, tous ces acteurs appellent  à la plus grande vigilance sur l’utilisation accrue de la biomasse forestière et de son implication sur la biodiversité et les ressources naturelles.

D’autre part la filière bois en difficulté financière, peu ou mal structurée n’est pas en capacité aujourd’hui de faire face à cette demande importante de biomasse forestière.

La cour des comptes a d’ailleurs tiré la sonnette d’alarme en ce qui concerne l’Office National des Forêts en soulignant deux points importants :

                 -d’une part pour redresser sa situation financière l’ONF a besoin d’objectif d’approvisionnement avec le risque, pour équilibrer son budget, de mettre plus de bois et de biomasse forestière sur la marché quitte à sacrifier en partie l’avenir de nos forêts.

                  -d’autre part, la cour des comptes a aussi souligné l’insuffisance des outils de l’ONF en matière de prévision des récoltes.

Partant de ce constat nous pouvons sérieusement douter de la fiabilité des chiffres annoncés par l’ONF concernant les volumes de biomasse forestière disponibles.

Pour ce qui est de Forêt Bois de l’Est, la situation n’est pas mieux, puisqu’ils ont perdu l’année dernière 500 adhérents soit autant de parcelles de bois en moins à gérer.

Des lors, comment FBE vont-ils pouvoir, avec des surfaces de bois en moins à exploiter, doubler voire tripler leur récolte de biomasse forestière afin d’honorer tous leurs contrats d’approvisionnements, sauf à prélever de façon inconsidéré sur certaines parcelles forestières ces volumes de bois, mettant alors à mal les écosystèmes et leur biodiversité ou alors à aller chercher plus loin les volumes de bois nécessaires anéantissant du même coup les réductions des émissions de CO2 et l’équilibre financier des projets.

Pour être clair, Monsieur le Maire et Monsieur Darbois, je ne suis pas contre le projet d’une centrale à biomasse forestière à Metz, je suis contre la démesure du projet. Projet d’autant plus démesuré qu’il ne tient absolument pas compte des autres projets, sans même parler du 4ème appel à projet que vient de lancer la Commission de Régulation à l’Enregie, avant même de connaitre les résultats des trois premiers appels d’offre.

Ce manque de coordination entre tous les projets, et la nécessité des forestiers à signer des contrats d’approvisionnement afin de faire face à leurs difficultés financières présagent d’un mauvais avenir pour nos forêts et leur biodiversité.

C’est bien, Monsieur Darbois, d’organiser des conférences sur la biodiversité, mais ce qui serait encore mieux, ce serait de mettre en conformité vos grandes théories avec la pratique, parce que pour l’instant c’est de l’écologie de pacotille que vous nous proposez.

C’est bien, Monsieur le Maire d’être fier de mettre en place cette grosse centrale à biomasse, mais ce qui serait encore mieux, ce serait de vous engager à concilier intelligemment biomasse et biodiversité avec des prélèvements de biomasse plus parcimonieux.

Naturellement, cela supposerait une centrale à biomasse plus modeste et donc moins flatteuse pour votre égo.

Mais ce qui me choque le plus c’est que tous ces projets se mettent en place dans une indifférence quasi générale. C’est bien dommage que certains acteurs et observateurs de la vie publique et politique ne se penchent pas plus sur ce problème et au premier chef, l’ensemble des partis écologistes qui laissent aujourd’hui se développer ces projets menaçant  l’équilibre de notre biodiversité .Il serait temps qu’ils fassent entendre leurs voix et qu’ils réagissent.

Martine Nicolas

Conseillère Municipal

Partager Ce billet à été posté le Samedi, octobre 30th, 2010 à 9 h 02 min sous la catégorie Blog. Vous pouvez suivre les commentaires par le biais du flux RSS 2.0 Vous pouvez laisser un commentaire, ou un trackback .

  • Alain Jacquet

    Madame,

    Certaines affirmations contenues dans votre article sont erronées. Mes propos ne sont pas politiques et je ne m'inscris pas dans le débat qui vous anime au sein du conseil municipal de Metz. Mais il n'est pas possible de vous laisser donner des informations incomplètes, voire fausses, sans rétablir l'exacte vérité. Ce d'autant que vous mettez en cause notre organisation de producteurs forestiers (Forêts & Bois de l'Est) sans avoir pris soin de vérifier vos informations.

    Vous indiquez que notre coopérative aurait perdu 500 adhérents en 2009, mais vous omettez de préciser qu'il s'agit d'une mise à jour de nos listings dont l'origine remonte à….1973. Nous avons en effet décidé de procéder à une vérification de la réalité de nos registres d'adhérents pour ne conserver que ceux qui sont réellement actifs dans notre structure. En dehors donc de la suppression des listes de ces membres avec qui nous n'avons plus de contacts souvent depuis plus de 20 ans, notre sociétariat progresse au rythme d'une centaine d'adhérents nouveaux par an. Le solde est donc largement positif et il l'est encore plus en surface qui nous est confiée. L'ensemble de ces informations est vérifiable au travers de nos registres légaux contrôlés comme la loi l'exige pour les coopératives agricoles comme la nôtre. Et je suis prêt à vous les ouvrir si vous voulez prendre soin la prochaine fois que vous souhaitez utiliser des informations nous concernant, de vérifier vos sources.

    Quant aux risques que vous soulevez en matière de surexploitation de la forêt et d'appauvrissement de la biodiversité, vous semblez ignorer que Forêts & Bois de l'Est est engagée dans une démarche de certification environnementale ISO 14001 depuis 2003 mais surtout dans la démarche de gestion durable des forêts PEFC dans laquelle nous nous concertons avec France Nature Environnement, de façon responsable et constructive. Savez vous par exemple que cette démarche aboutit au constat que le taux de reboisement des petites parcelles forestières gérées par F&BE est de 80% alors que le taux estimé actuel dans la forêt privée non gérée est de 30% ? Savez vous encore que depuis que nous nous sommes lancés dans cette démarche le nombre d'espèces différentes que nous utilisons dans nos opérations de reboisement a été multiplié par 3 ? Savez vous enfin que nous sommes à l'initiative, au sein de PEFC avec nos confrères de l'ONF, d'une étude pour la cartographie de la sensibilité des sols forestiers lorrains aux exportations minérales ?

    Dire aujourd'hui qu'une centrale de la dimension de celle qui sera bientôt en service à Metz est disproportionnée vis à vis de la ressource forestière du point de vue quantitatif ou environnemental est une contre vérité. La ressource est bien présente comme l'ont montré toutes les études, mêmes les plus prudentes dont nous sommes les co auteurs (cf étude sur la ressource forestière mobilisable en lorraine pour le bois énergie 2005). La récolte est encadrée par des règles strictes garantissant la gestion durable des forêts au moins pour la partie qui sera fournie par les producteurs forestiers au travers de leurs organisations publiques et privées. Si vous doutez encore, je vous invite à venir visiter des chantiers en forêt et constater la réalité de notre action sur le terrain. Je me ferai un plaisir de vous accompagner moi même dans cette tournée.

  • Alain Jacquet

    Madame,

    Certaines affirmations contenues dans votre article sont erronées. Mes propos ne sont pas politiques et je ne m'inscris pas dans le débat qui vous anime au sein du conseil municipal de Metz. Mais il n'est pas possible de vous laisser donner des informations incomplètes, voire fausses, sans rétablir l'exacte vérité. Ce d'autant que vous mettez en cause notre organisation de producteurs forestiers (Forêts & Bois de l'Est) sans avoir pris soin de vérifier vos informations.

    Vous indiquez que notre coopérative aurait perdu 500 adhérents en 2009, mais vous omettez de préciser qu'il s'agit d'une mise à jour de nos listings dont l'origine remonte à….1973. Nous avons en effet décidé de procéder à une vérification de la réalité de nos registres d'adhérents pour ne conserver que ceux qui sont réellement actifs dans notre structure. En dehors donc de la suppression des listes de ces membres avec qui nous n'avons plus de contacts souvent depuis plus de 20 ans, notre sociétariat progresse au rythme d'une centaine d'adhérents nouveaux par an. Le solde est donc largement positif et il l'est encore plus en surface qui nous est confiée. L'ensemble de ces informations est vérifiable au travers de nos registres légaux contrôlés comme la loi l'exige pour les coopératives agricoles comme la nôtre. Et je suis prêt à vous les ouvrir si vous voulez prendre soin la prochaine fois que vous souhaitez utiliser des informations nous concernant, de vérifier vos sources.

    Quant aux risques que vous soulevez en matière de surexploitation de la forêt et d'appauvrissement de la biodiversité, vous semblez ignorer que Forêts & Bois de l'Est est engagée dans une démarche de certification environnementale ISO 14001 depuis 2003 mais surtout dans la démarche de gestion durable des forêts PEFC dans laquelle nous nous concertons avec France Nature Environnement, de façon responsable et constructive. Savez vous par exemple que cette démarche aboutit au constat que le taux de reboisement des petites parcelles forestières gérées par F&BE est de 80% alors que le taux estimé actuel dans la forêt privée non gérée est de 30% ? Savez vous encore que depuis que nous nous sommes lancés dans cette démarche le nombre d'espèces différentes que nous utilisons dans nos opérations de reboisement a été multiplié par 3 ? Savez vous enfin que nous sommes à l'initiative, au sein de PEFC avec nos confrères de l'ONF, d'une étude pour la cartographie de la sensibilité des sols forestiers lorrains aux exportations minérales ?

    Dire aujourd'hui qu'une centrale de la dimension de celle qui sera bientôt en service à Metz est disproportionnée vis à vis de la ressource forestière du point de vue quantitatif ou environnemental est une contre vérité. La ressource est bien présente comme l'ont montré toutes les études, mêmes les plus prudentes dont nous sommes les co auteurs (cf étude sur la ressource forestière mobilisable en lorraine pour le bois énergie 2005). La récolte est encadrée par des règles strictes garantissant la gestion durable des forêts au moins pour la partie qui sera fournie par les producteurs forestiers au travers de leurs organisations publiques et privées. Si vous doutez encore, je vous invite à venir visiter des chantiers en forêt et constater la réalité de notre action sur le terrain. Je me ferai un plaisir de vous accompagner moi même dans cette tournée.

blog comments powered by Disqus